La proclamation de la 5ᵉ République au Gabon marque un tournant majeur dans la mémoire politique nationale. L’ancien président Ali Bongo Ondimba, figure centrale de la vie institutionnelle pendant quatorze longues années, semble désormais relégué aux marges du récit officiel. Les symboles, discours et documents de la transition mettent en avant une volonté de rupture, effaçant progressivement son empreinte des représentations publiques.
Lors des cérémonies officielles et les communications institutionnelles, le nom d’Ali Bongo apparaît de moins en moins, au profit d’une narration axée sur la refondation et la renaissance nationale. Cette démarche, perçue par certains comme une réécriture de l’histoire, suscite débats et interrogations sur la toile : faut-il gommer les traces d’un passé jugé controversé ou les conserver comme repères pour comprendre les évolutions du pays ?
Les partisans de la 5ᵉ République défendent une logique de purification symbolique, estimant que l’effacement d’Ali Bongo est nécessaire pour tourner la page d’un système critiqué. À l’inverse, des voix s’élèvent pour rappeler que l’histoire, même douloureuse, ne peut être effacée sans risque de fragiliser la mémoire collective.
Ce choix politique, au-delà de sa portée symbolique, illustre la tension entre rupture et continuité dans la construction de la nouvelle République gabonaise. L’avenir dira si cette volonté d’effacement s’imposera durablement ou si la mémoire d’Ali Bongo retrouvera sa place dans le récit national.(Nous y reviendrons dans un prochain article).
Ali Bongo effacé de l’histoire du Gabon par la 5ᵉ République
Depuis le coup d'Etat du 30 aout 2023,qui a mis fin au pouvoir d'Ali Bongo, une impression semble se confirmer : celle qui consiste à effacer l'image de celui qui a gouverné le Gabon de 2009 à 2023. Cette situation interroge sérieusement et mérite des explications.