Les arguments du gouvernement
La 5 -ème république souhaite apporter une touche nouvelle dans la fonction publique. Le ministère en charge de ce département défend une modernisation de l’administration publique. Selon lui, l’avancement automatique alourdit la masse salariale de l’État, estimée à près de 1 000 milliards de FCFA, et ne favorise pas la culture du résultat. La réforme entend instaurer une gestion plus rigoureuse, valoriser le concours comme voie d’accès privilégiée et lutter contre l’absentéisme.
La colère des syndicats
Les organisations syndicales dénoncent une réforme imposée sans concertation. Elles craignent que les critères d’évaluation soient flous et ouvrent la porte à l’arbitraire. « On ne peut pas modifier un texte qui régit la carrière des agents sans associer leurs représentants », martèle Pierre Mintsa, du Mouvement pour la Stabilité des Travailleurs du Gabon (MSTGV). Les syndicats rappellent l’échec de la Prime d’incitation à la performance (PIP) en 2015, qui avait provoqué un sentiment d’injustice généralisé.
Un bras de fer annoncé
La tension monte : certains leaders syndicaux menacent de lancer un mouvement social d’envergure si le projet est adopté en l’état. Le président de la république , Brice Clotaire Oligui Nguema, est appelé à arbitrer entre la volonté de réforme et la nécessité de préserver la paix sociale.
Quels sont les enjeux?
Le gouvernement dit vouloir rationaliser, mais les syndicats défendent la prévisibilité et la sécurité de carrière pour maîtriser des coûts contre le risque d’inégalités et appellent à un dialogue social , condition sine qua non pour éviter une crise.
La polémique autour de l’avancement automatique illustre le dilemme classique des réformes administratives , à savoir comment concilier efficacité budgétaire et équité sociale dans un pays où la fonction publique reste le principal employeur.
Polémique autour de l’avancement automatique au Gabon
La réforme du Statut général des fonctionnaires, portée par la ministre de la Fonction publique Laurence Ndong, suscite une vive controverse. Au cœur du débat : la suppression de l’avancement automatique des agents de l’État, jusque-là fondé sur l’ancienneté, au profit d’un système basé sur le mérite et la performance.